Comment
allumer un ville est le premier ouvrage consacré aux allumages de
Muma. Ce livre, accompagné de nombreux croquis et notes de l'artiste,
documente ses performances de Barcelone, Girone, Vallauris, Assens,
Lausanne et bientôt Paris. Il rassemble les points de vue très éclairants
de Laurent Golay, directeur du Musée historique de Lausanne, de
Céline Eidenbenz, historienne de l'art, et de Francesco Panese,
sociologue et professeur à l'Université de Lausanne.
Extraits :
« Sculpture
sociale. Voilà la définition que Muma, peintre, dessinateur, graveur,
donne de ses allumages, éphémères tracés de lumière urbains. Des
installations en trois dimensions, certes, mais dont chaque élément,
tel un point sur la toile, a sa place sur la surface plane du bitume,
pour composer in fine une véritable forme dessinée. Ou, pour employer
une autre image, tels des caractères dont la somme compose une histoire.
L'allumage mêle donc l'espace et le plan, le volume et le bidimensionnel,
le relief et la surface, un peu comme les toiles en trompe-l'œil
que Muma accroche sur ses tableaux, devant ses paysages peints. »
Laurent
Golay, L'allumeur d'images.
«
Pour Muma, allumer la ville c'est allumer la Cité. Il aménage un
lieu de passage entre l'espace urbain et l'espace humain et nous
convie par des milliers de gestes symboliques, qui pris individuellement
sont presque anodins, à recomposer les tracés lumineux de nos lieux
communs, de notre monde partagé.(…) Parce qu'elle rassemble et dépasse
le particulier, l'œuvre de l'artiste est bien politique et Muma
ne s'y est pas trompé. Le flot de lumières qui arpente les points
d'ancrages historiques de la ville – les pouvoirs ecclésiastique,
politique, judiciaire ou marchand – met en évidence et redonne
sens à un territoire si familier qu'il en est devenu presque insignifiant. »
Francesco
Panese, Lumières sur la ville.
« Si
Muma bascule la surface urbaine pour l'utiliser comme une toile
de peintre, c'est qu'il aime à nous présenter le monde à l'envers.
Sous ses doigts, la terre devient tantôt un ciel de macadam constellé
de bougies, tantôt un océan brûlant qui s'écoule en de multiples
rivières. Les collines de la Cité et de Montmartre, sur lesquelles
sont basées ses installations, ressemblent alors à des montagnes
incendiées, à des volcans en activité qui tremblent et crachent
leurs langues de lave sur leurs flans et jusque dans la vallée.
(…) Pour provoquer l'éruption, Muma est allé chatouiller le coeur
de la ville avec le bout de son pinceau de braise. Son but est atteint :
la ville se réveille et retrouve son activité ; la vie est
réinsufflée à ces rues que l'artiste se désole de voir trop souvent
désertes. »