CAT. 1

Frédéric Clot, préface de Florence Grivel // mai 2005

 

255 x 200 mm, 48 pages en duplex
couverture cartonnée plein papier.

ISBN 2-9700398-7-7

CHF 35.- 

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Edition de tête:

enrichie d'une illugraphie sur papier japon, présenté dans un étui cartonné réhaussé de la main de l'artiste. Chaque exemplaire est unique.
limitée à 30 exemplaires numérotés et signés

CHF 300.-

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Exit les références. Exit les citations. Simplement dire ce que l’on voit sans passer par la description, parce qu’on se trouve dans le terrain miné et déterminé de la peinture.

Je ne sais pas comment Frédéric Clot parvient à ces images. Ou plutôt, je peux me l’imaginer. Un apprentissage du métier et du regard sans garde-fou, sans œillères et pourtant sans débordement de style et encore moins de bavardage. Un travail qui joue de l’oscillation permanente ; pas de contraintes : ni conceptuelles, ni programmatiques et encore moins méthodologiques. Je le répète, tout est affaire d’oscillation, du retour à soi après la perte, de la main gauche à la main droite, du voyage à l’atelier. Lorsqu’il traverse des contrées nouvelles, Frédéric Clot les défriche à coup de dessins, nombreux, afin de capturer un nouveau langage dont la syntaxe se développera dans l’atelier. Il fait ses gammes se laissant bousculer et envahir par des réalités diverses.
Capter des images, les dessiner immédiatement comme on rédigerait un journal de bord que l’on jetterait une fois la frontière passée, pour en faire des peintures. Et Frédéric Clot n’a pas peur d’avoir oublié, au contraire c’est à partir de cette perdition que tout se trame.
Et c’est dans l’atelier que tout se rassemble, à l’instant où l’on se déleste des gestes préparatoires pour en oser d’autres. Sur de grandes toiles. Où la ville prédomine, où les arbres prédominent, où finalement peu importe le sujet, puisqu’il s’agit de la même chose. Aimer ces topoï-poncifs incontournables d’une certaine histoire de l’art, tant et si bien que Frédéric Clot finit par aller titiller l’insécurité qu’ils contiennent en amont.
Des lignes de force tiennent en joue ces forêts où la perspective s’arrête là où commence la ville imperceptible. Quant aux villes, elles s’inscrivent dans des échelles improbables, pures expressions de mégapoles préhistoriques, bien avant, bien après le règne humain.
Oscillation donc entre représentation et abstraction ; flirt poussé entre des vedute et des paysages de jeux vidéo dans lesquels, parfois, une trame d’oiseaux fait du surplace dans une régularité suspecte.
Entre deux mondes et pourtant dans le monde, dans ses interstices, dans l’entaille discrète d’une faille à venir — parfaitement contemporaine. Puisque le travail de Frédéric Clot offre au regard un vol plané sur la surface des toiles, on s’accommode alors du leurre pour n’envisager finalement que la peinture comme seul objet.

Frédéric Clot n’a pas peur des limites, il semble ne pas en avoir puisqu’il sait où il va sans le savoir à l’avance.



Florence Grivel